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Enjeux et usages des dispositifs sociotechniques numériques et des mutations informationnelles

Le cœur de l’activité de recherche actuelle de l’équipe 1 se focalise sur l’étude des dispositifs socio-techniques numériques mettant en jeu des processus de traitement de l’information à des fins de création de valeur et de sens pour un milieu professionnel. Ce projet de recherche fait autant appel au champ de recherche en SIC sur les dispositifs numériques que sur l’organisation et la représentation des connaissances.

Membres

  • Coordination : Hervé Rostaing, David Reymond
  • Titulaires : Franck Bulinge, Valérie Leveillé, Eric Boutin, Aude Inaudi
  • Émérite : Jean-Max Noyer, Yann Bertacchini
  • Associés : Marc Tanti, Kouamvi Couao-Zotti, Fetta Belgacem
  • Doctorants : Alarc Tabaries, Taina Batista de Assis, Sami Ben Amor, Innocent Azilan, Maxime Giraud, Isabelle Cimino, Clara Galliano

Méthodologies

La démarche de recherche employée pour investiguer les dispositifs socio-techniques numériques peut s’apparenter à de l’ingénierie critique. Elle met en jeu une posture réflexive alliant la conception de systèmes d’information à l’étude critique de l’influence de ces systèmes sur l’écosystème informationnel d’un milieu professionnel (le dispositif socio-technique numérique). Les méthodes employées sont diverses et peuvent être combinées (pluralisme méthodologique) : analyse de textes, observation participante, enquête (par entretiens ou questionnaires), études des traces d’usage du dispositif technique, méthode expérimentale mais les méthodes quantitatives restent privilégiées. Nos recherches impliquent également une démarche de type recherche-action impliquant des allers-retours entre prototypage, déploiement sur le terrain, enquête d’usage et conceptualisation/théorisation. La phase de conception des systèmes d’information étudiés implique de multiples expertises techniques de l’équipe, notamment en matière de captation des données, de processus d’enrichissement des données, d’organisation des connaissances, de conception et architecture des systèmes d’information, de méthode d’analyses statistiques et lexicales et de représentation synthétique et infographique des grands volumes des données textuelles. Toutes ses expertises sont déployées lors d’études nommées sous le terme générique d’infométrie (qui est sous représentée en France, voire inexistante dans les SIC). La Library and Information Sciences est une discipline reconnue à l’échelle internationale et ce domaine de recherche s’attache à développer les analyses de la production, de la diffusion et de la circulation de documents. Les métriques simples ont fondé les courants de recherche en bibliométrie, les travaux les plus aboutis sont au cœur des dispositifs actuels de recherche d’information. Le Web en a étendu la portée, le terrain et les questions. Il ne s’agit pas seulement de parler de la technologie et de ses usages mais bel et bien de la pratique de ces technologies dans un contexte professionnel répondant à des questions sociétales, environnementales… Le champ émergeant des humanités numériques, données massives en appui, en est la preuve. Ce dernier fait souvent l’objet d’étude par la discipline des SIC selon des méthodes de recherche critique et qualitative. Les méthodes quantitatives ou expérimentales sont rarement mobilisées pour des études en SIC.. L’enjeu aujourd’hui est de conforter une épistémologie par l’observation systématique des écosystèmes informationnels : documents, traces, fils de discussion… tout écrit numérique, toute trace d’un échange numérique. Ces traces numériques peuvent être étudiées par méthodes quantitatives à condition de se créer les “scopes” qui permettent de lire et de produire les observations, de raisonner et d’extraire des faits scientifiques à partir des obtenus latouriens. Avec l’arrivée de l’IA dans la machinerie algorithmique disponible, la rupture est encore plus forte.

Collaborations

Une stratégie partenariale a été développée pour s’allier de collaborateurs sensibles à nos approches singulières mais également pour renforcer les nombreux points d’interdisciplinarité :

  • A l’université de Toulon : Babel, LEAD et LIS ;
  • Au plan national :
    • le laboratoire Transitions Savoirs Médias Territoires, Univ Côte d’Azur ;
    • le laboratoire Gériico, Univ Lille 3 ;
    • le laboratoire BETA – UMR 7522, Univ Strasbourg ;
    • le réseau GIS-URFIST ;
    • l’INIST CNRS, Nancy ;
  • Au plan international :
    • IBICT, Brésil : thèse en cotutelle, soutenance en 2023.

Projets

Deux dispositifs infométriques reconnus internationalement ont été développés au cours de la précédente accréditation :

  • Patent2Net est un outil de formation à l’analyse de brevet et de création de corpus (Reymond 2016, 2021 ; Reymond et Noyer 2022 ; Reymond 2022, 2016). L’outil est désormais utilisé par la plupart des universités brésiliennes du réseau PROFNIT et en France par le réseau des URFIST qui a soutenu ses derniers développements via le réseau GIS (2019-2021).
  • SoViSu, est issu d’un projet initié en 2019 qui avait pour objectif à l’origine de cartographier les compétences des membres d’un établissement de recherche publique. SoViSu est aujourd’hui destiné à l’ensemble de la communauté universitaire pour faciliter sa gestion individuelle de dépôt de sa production sur Hal et médiatiser la Science Ouverte (SO). SoVisu a été soutenu par la SATT (2021) en projet de prématuration. Le dispositif rentre maintenant en maturation (SATT 2022-2024) et va être déployé dans plusieurs établissements (Paris-Saclay, Lille).

Les projets de recherche de l’équipe 1 sont par essence directement liés à des actions relevant du rapprochement science/société et de la politique de science ouverte d’un établissement de recherche publique.

Orientations

Le dispositif socio-technique numérique engendré est questionné afin d’étudier ce qu’il produit comme évolutions sociales, organisationnelles, stratégiques ou symboliques dans ce milieu professionnel. Pour la prochaine accréditation, l’équipe 1 envisage d’étudier :

  • les effets de l’intervention humaine dans les processus de qualification, validation et enrichissement des métadonnées ;
  • les effets des construits mathématiques ou heuristiques mis en œuvre par les traitements de réduction la complexité informationnelle des données (et tout particulièrement les indicateurs et cartographies infométriques construits pour créer du sens à partir des données) ;
  • les effets des construits signalétiques ou sémantiques employés par les traitements du dispositif afin caractériser les données à représenter (granularité des entités représentées, nomenclature normative…) ;
  • l’usage ou le non-usage du dispositif technique : étude des pratiques avant et après le déploiement du dispositif, étude des freins à l’appropriation ou des oppositions au dispositif, l’étude de la surcharge informationnelle ou cognitive procurée par le dispositif
  • les effets du dispositif sur l’écosystème informationnel dans l’organisation de la structure professionnelle ou dans la pratique professionnelle individuelle ;
  • la marge de manœuvre laissée à l’usager pour échapper au déterminisme technique du dispositif, l’aptitude des usagers à saisir la complexité des mécanismes et des traitements informationnels mis en jeu.