Archives de catégorie Communication

Faire dialoguer les disciplines via l’indexation des connaissances : la recherche interdisciplinaire en débats

Contexte

Le programme de recherche-action NumeRev, qui a pour finalité pratique de développer un portail de ressources numériques interdisciplinaire, a débuté en juin 2016 à travers un appel à manifestation d’intérêt lancé par la MSH-Sud. Depuis, grâce aux apports de chercheurs – issus de toutes disciplines – constituant l’équipe et les porteurs de revues NumeRev, ainsi que les invités à ses journées d’étude, nous avons abordé divers aspects du programme, lesquels nous ont confortés quant à son intérêt mais nous ont également interpellés sur les difficultés inhérentes à l’interdisciplinarité. Un point en particulier s’est progressivement affirmé comme un des noeuds consubstantiels à l’élaboration d’un projet interdisciplinaire : les problématiques liées aux “vocables” encadrant les activités, les pratiques et la culture des différentes communautés de chercheurs. Ces observations et constats viennent corroborer les travaux de Wenger (1998), lesquels ont mis au jour qu’une communauté de pratiques est caractérisée par trois dimensions interdépendantes, à savoir une dimension sociale et pragmatique liée à l’existence d’une activité commune et partagée, une dimension symbolique, soit le sentiment d’appartenance à un groupe social, ainsi qu’une dimension cognitive, qui repose sur un vocable commun, le partage de ressources et d’outils informationnels. Ces trois dimensions sont déterminantes pour penser et opérer l’interdisciplinarité. A travers le projet NumeRev, nous soutenons l’idée que pour faire dialoguer les disciplines entre elles il est nécessaire d’une part d’identifier les objets de recherche partagés et, ce faisant, de s’accorder sur un vocable ou tout au moins de définir des passerelles terminologiques communes. L’ambition du portail NumeRev étant de développer un système de gestion des connaissances interdisciplinaires favorisant l’intellection scientifique, comment concevoir cet outil qui vise à encourager les échanges de savoirs, le consensus ou la controverse à partir de contenus hétérogènes non initialement conçus pour dialoguer ?

Complexités

Digital Humanities Conference 2019

L’Alliance of Digital Humanities Organizations (ADHO) organise un colloque sur le thème « Complexités ». Ce thème présente de multiples liens avec la recherche en humanités numériques (HN). Complexités engage à considérer les HN comme la façon dont les sciences humaines construisent des modèles complexes de réalités complexes, en recourant à des méthodes computationnelles pour les analyser, puis en communiquant les résultats de leurs analyses à un plus large public. Ce thème invite également à s’interroger sur la complexité et la diversité théoriques, sociales et culturelles dans lesquelles baigne la recherche en humanités numériques, et demande à notre communauté de créer des interactions délibérées et critiques dans une multitude de directions, à travers le colloque et les réseaux, institutions et projets intéressés par la recherche en HN. Enfin, il s’agit d’impliquer la génération suivante, en enseignant les HN aux étudiants – ceux qui auront à traiter avec les complexités de l’avenir.

Nous vous encourageons tout particulièrement à soumettre des contributions qui abordent ces thèmes, mais seront également acceptées au colloque des propositions ayant trait à tout aspect ou champ des humanités numériques. Cet appel concerne notamment, mais non exclusivement :

  • les aspects théoriques, épistémologiques, méthodologiques et historiques des humanités numériques ;
  • les approches et applications informatiques et numériques dans les études littéraires et la linguistique, dont les études textuelles numériques, la stylométrie, l’attribution d’auteur, la fouille de texte, le traitement automatique des langues naturelles, la linguistique computationnelle, la philologie numérique et l’édition de texte numérique ;
  • les approches et applications informatiques et numériques en archéologie, architecture et histoire de l’art, dont le traitement des images, la modélisation 3D et les reconstitutions 3D ;
  • l’histoire numérique, les systèmes d’information géographique appliqués aux humanités spatiales et aux études historiques, l’histoire publique ;
  • les approches numériques en musique, cinéma, théâtre, nouveaux médias ; les arts et littératures numériques, les jeux vidéo, la culture hacker, les communautés en réseau, les fractures numériques, l’activisme numérique, les réseaux et logiciels ouverts ou libres, etc. ;
  • le patrimoine culturel, les cultural studies numériques et les recherches menées par des institutions culturelles numériques ;
  • les aspects sociaux, culturels et politiques des humanités numériques, dont les féminismes numériques, les études indigènes numériques, les études culturelles et ethniques numériques, les études noires numériques, les études queer numériques, les études géopolitiques numériques, le multiculturalisme et le multilinguisme en HN, l’éco-critique et les humanités environnementales envisagées dans leurs rapports avec les HN.
  • des technologies émergentes telles que le physical computing, les ordinateurs monocartes, le minimal computing, les technologies portables (wearable devices) ou haptiques, en tant que ces technologies sont appliquées à la recherche en sciences humaines ;
  • les aspects institutionnels des HN, les aspects interdisciplinaires de la recherche, la science ouverte, les public humanities, l’engagement social et l’impact des HN ;
  • les humanités numériques dans la pédagogie et les formations universitaires ;
  • les infrastructures de recherche en HN, les bibliothèques numériques et les environnements de recherche virtuels, les études critiques des questions d’infrastructure, l’archéologie des médias, etc. ;
  • ainsi que tout autre thème ayant un lien pertinent avec les humanités numériques.

Les présentations peuvent prendre les formes suivantes :

  • posters (résumés de 750 mots au plus) ;
  • présentations courtes, ou short papers (résumés de 1 000 mots au plus) ;
  • présentations longues, ou long papers (résumés de 1 500 mots au plus) ;
  • tables rondes, ou panels, comprenant plusieurs présentations (résumés de 500 mots + présentation générale de 500 mots) ;
  • ateliers (workshops) et séances d’initiation (tutorials) organisés avant le colloque (propositions de 1 500 mots au plus).

La date limite pour soumettre au comité international de programmation les propositions de posters, de présentations courtes, de présentations longues et de tables rondes est le 27 novembre 2018, à 23 h 59 GMT. Les participants seront informés de la sélection de leur proposition au plus tard le 3 mars 2019.

La date limite pour les propositions d’ateliers et de séances d’initiation est le 10 janvier 2019, à 23 h 59 GMT ; leur sélection sera annoncée au plus tard le 3 mars 2019.

Les propositions doivent être soumises via https://www.conftool.pro/dh2019/.

DH2019 pratiquera une évaluation par les pairs en double aveugle. Afin de faciliter ce processus, veuillez supprimer toute information qui pourrait dévoiler votre identité, notamment les noms et affiliations des auteurs, les URL des projets.

Pour soumettre des propositions, les personnes ayant déjà participé au colloque Digital Humanities ou au processus d’évaluation des présentations doivent utiliser le compte qu’elles possèdent, plutôt que d’en créer un nouveau. Si vous avez oublié votre identifiant ou votre mot de passe, veuillez contacter les co-présidents du comité de programmation, Fabio Ciotti ou Elena Pierazzo.

Afin de rendre plus aisée la réalisation du recueil des résumés des communications, les auteurs des présentations sélectionnées auront à soumettre une version définitive de leur résumé au moyen de l’outil en ligne DHConvalidator. Disponible sur la plateforme ConfTool, cet outil crée une banque des résumés en TEI, qui sera exploitée par la suite.

Les participants sont encouragés à se familiariser avec le « Global Outlook::Digital Humanities’ Translation Toolkit » afin de se préparer à un colloque multilingue. Cet ensemble comprend des consignes et des conseils relatifs aux bonnes pratiques pour présenter des diapositives, des posters ou des exempliers multilingues, et pour favoriser la traduction à la volée entre membres de la communauté : http://go-dh.github.io/translation-toolkit/conferences/.

De même, les participants sont vivement encouragés à prendre connaissance des recommandations actuelles en matière d’accessibilité et d’usage de matériaux multimédias. Veuillez consulter les « Web Initiative Guidelines on Presentation Accessibility » du World Wide Web Consortium : https://www.w3.org/WAI/training/accessible.

Comité international de programmation

Co-présidente : Elena Pierazzo
Co-président : Fabio Ciotti
Co-vice-présidente : Laura Estill
Co-vice-présidente : Jennifer Guiliano
Représentant d’aaDH : Paul Arthur
Représentant d’aaDH : Simon Musgrave
Représentante d’ACH : Meghan Ferriter
Représentant d’ACH : Thomas Padilla
Représentante de centerNet : Francesca Benatti
Représentante de centerNet : Nirmala Menon
Représentante de CSDH/SCHN : Maureen Engel
Représentant de CSDH/SCHN : Michael Ullyot
Représentante d’EADH : Claire Clivaz
Représentant d’EADH : Christian-Emil Ore
Représentante d’Humanistica : Clarisse Bardiot
Représentant d’Humanistica : Vincent Razanajao
Représentant de JADH : Akihiro Kawase
Représentant de JADH : Taizo Yamada

The Future of IP

14th Annual Conference EPIP 2019

(The European Policy for Intellectual Property association (EPIP))

 

Scholars from all disciplines and practitioners interested in the economic, managerial, legal and political aspects of intellectual property rights are all encouraged to submit and/or to attend.

Keynote speakers
– Prof. Alberto Galasso (University of Toronto)
– Prof. Peter Menell (UC Berkeley)
– Prof. Reinhilde Veugelers (KU Leuven)


Topics
This edition seeks contributions on the major challenges facing patent offices and IP users. Topics such as blockchain & IP, IP challenges posed by the convergence of industries, and opportunities arising from digitalisation are particularly encouraged. However, we invite submissions on all IP-related topics, including:
– IP and innovation/competition
– IP and firm strategy
– IP and its role on the market for technology
– Standards and patent pools
– Inventor mobility and knowledge flows
– International trade agreements and IP
– Open access and IP in science
– Functioning of IP systems
– Gender and IP
– IP and new research methods

All forms of IP are relevant, whether patents, copyrights, trademarks, plant breeding rights, geographical indications, design rights, trade secrets or others.


Submission information
Full papers and extended abstracts may be submitted via the online submission system at www.editorialexpress.com/conference/epip2019. Preference will be given to full paper submissions. The submission deadline is April 7, 2019. All submissions will be peer-reviewed. Paper selections will be announced on May 15, 2019.

Themed sessions
EPIP 2019 invites applications for unsolicited themed sessions on any relevant topic. Interested session chairs should submit a short session description as well as 2 to 4 papers/extended abstracts in a single PDF document. Organizers reserve to right to add papers to an incomplete session or to selectively pick papers. All submissions must go through the main submission portal, respect the general deadline and will be peer-reviewed.

Special themed session on industrial design

Young Scholars Awards
The EPIP Association will award two Young Scholars Awards for the best papers submitted by PhD students in economics/management and in law. More information is available at www.epip2019.org/index.php/awards.


Registration
Conference registration will be available at www.epip2019.org in March 2019.


PhD workshop
The EPIP association supports PhD students in the field through reduced registration fees. In addition, a PhD workshop on “The Legal and Economic Analysis of Patent Litigation” will be organized by Prof. Christian Helmers on September 11, at no extra cost for all selected students. Kind support by the USPTO for this PhD workshop is anticipated. For more information, see www.epip2019.org/index.php/epip-phd-workshop.

De l’hypertexte aux humanités numériques

Conférence Internationale H2PTM’19

http://h2ptm.univ-paris8.fr/

Organisée toutes les deux ans depuis 1989, la conférence internationale H2PTM célèbre ses 30 ans en 2019. Cette 15e édition sera organisée du 16 au 18 octobre à l’Université de Franche-Comté, à Montbéliard.

Fidèle à l’esprit pionnier de ses débuts, H2PTM propose un terrain d’échange féconde entre les recherches issues des sciences de l’information et de la communication, de l’informatique, de la sémiotique, de l’art et des sciences cognitives.

Les sciences humaines et sociales semblent aujourd’hui bouleversées, tant au plan épistémologique que méthodologique, par les outils numériques qui permettent d’analyser des données à la fois hétérogènes et volumineuses. De leur côté, les Humanités Numériques représentent un champ mouvant de recherche et d’enseignement, d’études et de pratiques, dont l’objectif est de comprendre les implications et les opportunités du numérique comme média, objet d’étude, voire nouvel écosystème.

Grâce à leur réflexion critique sur la genèse du numérique, les SIC montrent que, malgré l’impact du numérique sur le processus de production des données et d’interprétation, les questions récurrentes posées par les sciences humaines et sociales demeurent centrales pour saisir la complexité info-communicationnelle et dépasser une approche strictement computationnelle.

L’édition 2019 se fixe pour objectif de valoriser les recherches sur les hypertextes et les hypermédias à l’ère des Humanités sous l’angle :

  • épistémologique : cadres théoriques interprétatifs qualitatifs et quantitatifs pertinents pour les SIC, méthodes computationnelles, nouvelles logiques d’archivisation et de patrimonialisation, organisation des connaissances et sémantisation des contenus
  • culturel : transformations esthétiques (webdesign, interfaces 3D…), intermodalité, éthique de la médiation des savoirs, diffusion de fake news, démocratisation de la culture et sciences citoyennes
  • informationnel : écritures collaboratives et hypermédias, recherche et réception participative de l’information, indexation collaborative, système de recommandation, intelligence artificielle
  • sociale : appropriation et partage de pratiques communicationnelles (publication, échanges en ligne), diffusion des innovations et des formes d’hyper-expérience
  • technique : outils de collecte (data harvesting), analyse, production et visualisation de données, outils pour les pratiques collaboratives, outils de partage de données, apprentissage automatique, apprentissage profond, interfaces cerveau-ordinateur

Les travaux attendus pourront se positionner au niveau théorique, méthodologique et empirique selon deux types de sessions en parallèle :

  • Conférences scientifiques ;
  • Expositions d’œuvres, applications et expérimentations interactives et atelier de démonstrations.

Guide à la soumission des articles

(15 mai 2019)

Les auteurs soumettront leurs propositions de communication sous forme d’un texte complet à l’adresse suivante :

Clôture des soumissions à la date du 15 mai.

Les auteurs peuvent soumettre trois types de communications :

  • Les communications longues : la  longueur du texte ne doit pas excéder 42000 signes (espaces compris), selon la feuille de style ISTE (à télécharger ici)
  • Les communications courtes : la  longueur du texte ne doit pas excéder 18000 signes (espaces compris), selon la feuille de style ISTE (à télécharger ici)
  • Les communications affichées (posters) : la  longueur du texte ne doit pas excéder 3500 signes (espaces compris), selon la feuille de style ISTE (à télécharger ici)

01 juillet 2019

Début des notifications d’acceptation ou de refus, elles seront accompagnées des spécifications techniques pour la publication. Celles-ci seront à respecter impérativement en vue de la publication de l’ouvrage « H2PTM 2019 » aux éditions ISTE.

15 juillet 2019

Le texte de la communication devra parvenir au comité de programme sous sa forme corrigée et définitive. Le non-respect de cette contrainte peut entraîner l’éviction pour cause de délai d’édition.

28 juillet 2019

Date limite pour l’inscription officielle de l’un des auteurs. L’inscription sera suivie obligatoirement par le paiement des frais de participation à la conférence.

16 septembre 2019

Date limite pour la réception du paiement des frais de participation, en cas de non paiement à cette date, la communication sera retirée du programme et des actes H2PTM’2019

Evaluation des propositions

Chaque proposition sera examinée par au moins deux évaluateurs en double aveugle, qui estimeront sa pertinence, sa validité scientifique, son originalité et la clarté de sa présentation.

Concernant l’anonymat des documents, l’auteur doit retirer toutes les informations de propriétés du document word, pour éviter que le nom du propriétaire et l’affiliation n’y soient visibles. Le document ne devra pas contenir ni nom ni affiliation ni aucune référence à un laboratoire, équipe d’accueil ou établissement. Si un passage est nécessaire pour la continuité d’un texte, l’auteur remplacera les éléments par une suite de caractères XXXXX. Dans le cas d’une acceptation,il sera demandé aux auteurs de mettre à jour le document avec leurs noms, prénoms, affiliations complètes et références bibliographiques retirées.

Exposition et atelier

Les contributions pour l’exposition et l’atelier peuvent se présenter sous forme de présentation publique commentée avec démonstration, ou d’œuvre à exposer. Les langues officielles sont le français et l’anglais. Les propositions se feront directement à l’adresse de la conférence, selon le calendrier suivant :

01 juin 2019Limite de réception des propositions pour l’exposition et l’atelier
14 juin 2019Notification d’acceptation ou de refus

Publication des actes

Les actes de la conférence feront l’objet d’un ouvrage collectif dans la collection « Systèmes d’information, web et société » aux éditions ISTE éditions qui sera distribué lors de la conférence.ISTE éditions

De la gestion personnelle des informations à la gestion des connaissances : analyser les niveaux individuels, collaboratifs et institutionnels de la gestion de l’information

Colloque organisé dans le cadre de l’ACFAS 2019

Responsables:

Jerry Jacques (CRIDS, Université de Namur), Sabine Mas et Dominique Maurel (EBSI, Université de Montréal)

La gestion de l’information et son organisation sont des enjeux contemporains majeurs pour les individus et les collectifs évoluant dans un univers informationnel de plus en plus complexe. Ceux-ci sont confrontés à un nombre croissant d’informations fragmentées entre différents dispositifs techniques et différents contextes (vie professionnelle, familiale, loisirs) et doivent déployer d’importants efforts de gestion et d’organisation pour arriver à « faire sens » (Dervin, 1992) de celles-ci et à mener à bien leurs projets.
Dans la littérature scientifique sur la gestion de l’information, différents niveaux d’analyse ont été développés:
● La gestion personnelle de l’information (Jones, 2008; Jacques, 2016) qui s’intéresse aux pratiques individuelles de gestion de l’information, en prenant en compte l’ensemble des activités que les individus mettent en place pour acquérir, créer, enregistrer, organiser, maintenir, utiliser et partager l’information afin d’atteindre leurs objectifs et de remplir leurs différents rôles, aussi bien dans un contexte privé que professionnel.
● La gestion collaborative de l’information (Erickson 2006; Lutters et al ., 2007; Bergman et Whittaker, 2016) qui s’intéresse aux mécanismes de gestion, de partage et d’organisation des informations développés par les individus pour soutenir les activités d’équipes et de groupes restreints.

●La gestion professionnelle de l’information et des connaissances (Bergeron et al ., 2009; Mas, 2015; Dalkir, 2017) qui s’intéresse à la manière dont les professionnels de l’information (par exemple, archivistes, bibliothécaires, documentalistes, experts en communication) travaillant au sein des organisations mettent en place des systèmes de gestion institutionnalisés et uniformes des informations afin de garantir le transfert et la pérennité de celles-ci au-delà des individus qui composent ces organisations.

Les points de rencontre entre ces différents niveaux d’analyse restent à ce jour difficiles à analyser et posent de nombreuses questions: par exemple, quels sont les liens entre pratiques individuelles et pratiques en équipe ? Quelles sont les implications des pratiques d’équipes au niveau institutionnel ? Dans quelle mesure les schémas d’organisation institutionnels transforment les pratiques personnelles ?

Créer un dialogue entre les pratiques de gestion d’informations personnelles, collaboratives et institutionnelles semble indispensable pour ouvrir la voie à des modalités d’alignement entre celles-ci, susceptibles de faciliter et d’améliorer globalement la gestion de l’information dans les espaces individuels, partagés en équipes et au sein des organisations. Ces alignements entre différents niveaux pourraient se traduire, entre autres:
● pour les individus, par le développement d’initiatives d’éducation à la littératie informationnelle prenant en compte ces différents niveaux de pratiques,
● pour les équipes, par le développement de systèmes et de normes de gestion d’information collectifs respectant les préférences individuelles et les contraintes institutionnelles,
● pour les institutions, par la mise en place de politiques de gestion de l’information et des connaissances tenant compte des pratiques individuelles et collaboratives.

Une approche multiniveaux et interdisciplinaire pourrait donc se révéler bénéfique dans plusieurs secteurs (par exemple, éducation, informatique, communication, archivistique, management) en leur permettant d’analyser les liens entre pratiques individuelles, collectives et institutionnelles de gestion de l’information. Cette approche semble d’autant plus
importante que la capacité à gérer l’information est un processus crucial pour l’épanouissement personnel des individus (par exemple, gestion des finances, de la santé, développement de la créativité), pour le développement du travail en équipe (par exemple, partage d’espaces d’information, rédaction en commun de documents) et pour le bon fonctionnement des organisations (par exemple, gestion des archives, transfert des connaissances). Cette approche complexe de la problématique de la gestion de l’information nécessite un travail de mise en réseau et de connections des expertises auquel ce colloque propose de contribuer en réunissant à la fois étudiants, chercheurs et professionnels de l’information et de la communication.

Pour contribuer à cette approche, quatre axes de questionnement sont proposés pour articuler cette rencontre scientifique:
● Axe 1: Pratiques, compétences et processus de gestion de l’information. Cet axe regroupera les contributions étudiant les interactions entre les pratiques informationnelles, les compétences qu’elles mobilisent et la relation aux méthodes et processus de gestion d’information formalisés dans le cadre des organisations.
● Axe 2: Fragmentation de la gestion de l’information entre différents systèmes de gestion et différents contextes. Cet axe propose de regrouper les contributions questionnant la fragmentation des pratiques de gestion de l’information qui implique souvent de mobiliser différents dispositifs techniques, tant au niveau matériel que logiciel, dans un univers papier et numérique. Ces systèmes d’information sont d’autant plus fragmentés qu’ils sont utilisés par les individus et les collectifs dans différents contextes (dans l’entreprise, à la maison, en itinérance) et pour différents types de projets (liés aux loisirs, à la vie familiale, au travail).
● Axe 3: Solutions et études de cas dans la gestion de l’information. Cet axe regroupera les contributions proposant des « solutions » (éducatives, logicielles, managériales…) liées à la problématique de la gestion de l’information. Il regroupe également les contributions prenant la forme d’études de cas documentant la problématique dans différents domaines (domaine de la santé, du droit, de la sécurité…).
● Axe 4: Disciplines et méthodes pour étudier la gestion de l’information. Cet axe aura pour objectif de regrouper les contributions proposant d’adopter une approche épistémologique de la gestion de l’information s’interrogeant sur l’apport de différentes disciplines à la compréhension de ces enjeux. Il regroupe également des contributions focalisées sur les questions de méthode.

Ces axes sont proposés à titre indicatif et les contributions ne s’insérant pas directement dans
l’un d’eux seront également considérées par le comité d’évaluation.


Dates et consignes pour soumettre une proposition
Les propositions doivent être envoyées au plus tard pour le 4 février 2019 par courriel, dans un document .docx ou .doc, aux trois responsables du colloque:
● Jerry Jacques: jerry.jacques@unamur.be
● Sabine Mas: sabine.mas@umontreal.ca
● Dominique Maurel: dominique.maurel@umontreal.ca

Chaque proposition reprendra:
● Le titre de la contribution (180 caractères maximum, espaces comprises);
● Une résumé en français (1 500 caractères maximum, espaces comprises),
présentant clairement les objectifs et la problématique de la contribution en lien avec la thématique du colloque, ainsi que la méthode et les résultats (si applicable).
● Le nom, l’affiliation et les coordonnées du/des présentateur(s), ainsi qu’une courte biographie. Les noms et affiliations des éventuels coauteurs doivent également être mentionnés.

Conformément à la politique de l’ACFAS, seules les contributions en français seront acceptées.


Les participants au colloque seront invités à proposer, à la suite de l’événement, une version étendue de leur contribution afin de contribuer à un ouvrage collectif (contacts éditoriaux en cours). Des précisions supplémentaires par rapport à ce projet seront données pendant le colloque.


Informations sur le 87ème congrès de l’ACFAS
Les participants devront obligatoirement s’inscrire au 87ème congrès de l’ACFAS ( https://www.acfas.ca/evenements/congres/inscription ). Toutes les informations utiles sur cet événement sont disponibles directement sur le site du congrès
( https://www.acfas.ca/evenements/congres/a-propos ).

Les frais de déplacement, d’alimentation et d’hébergement ne sont pas pris en charge ni par l’ACFAS, ni par les organisateurs du colloque. Il existe néanmoins des opportunités de financement pour les jeunes chercheurs (entre 18 et 35 ans) listées ici: https://www.acfas.ca/evenements/congres/soutien-financier

Pour toute information complémentaire, il est possible de contacter les responsables du colloque par courriel.


Références
Bergeron, Pierrette, Christine Dufour, Dominique Maurel et Diane Mercier. (2009). La gestion stratégique de l’information. In Jean-Michel Salaün et Clément Arsenault (dir.). Introduction aux sciences de l’information. Montréal: Presses de l’Université de Montréal, p.183-205.


Bergman, Ofer et Steve Whittaker. (2016). The science of managing our digital stuff. Cambridge, MA: MIT Press.


Dalkir, Kimiz. (2017). Knowledge management in theory and practice. 3e éd. Cambridge, MA: MIT Press.

Dervin, Brenda. (1992). From the mind’s eye of the user : The sense-making qualitative-quantitative methodology. In Jack D. Glazier et Ronald R. Powell (dir.). Qualitative research in information management. Englewood, CO: Libraries Unlimited, p.61-84.


Erickson, Thomas. (2006). From PIM to GIM: Personal information management in group contexts. Communications of the ACM, 49 (1), p. 74-75.


Jacques, Jerry. (2016). Définition des compétences propres à l’organisation des collections d’informations personnelles numériques. Thèse de doctorat. Université catholique de Louvain.


Jones, William. (2008). Keeping found things found: The study and practice of personal information management. Burlington, MA: Morgan Kaufmann.


Lutters, Wayne G., Mark S. Ackerman et Xiaomu Zhou. (2007). Group information management. In William Jones et Jaime Teevan (dir.). Personal information management. Seattle, WA: University of Washington Press, p. 236-248.


Mas, Sabine. (2015). Nouvelles problématiques de la classification des documents des organismes: à la conquête des espaces personnels d’information numérique. In Marcel Lajeunesse et Louise Gagnon-Arguin (dir.). Panorama de l’archivistique contemporaine. Évolution de la discipline et de la profession. Mélanges offerts à Carol Couture. Sainte-Foy: Presses de l’Université du Québec, p. 177-194.