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Mise en (in)visibilité des groupes professionnels

Centre de recherche sur les médiations
Communication, langue, art, culture
(UR 3476, Université de Lorraine, France)
 

Appel à articles

Mise en (in)visibilité des groupes professionnels

Coordination : Pierre-Yves Connan, Guillaume Le Saulnier et Benoît Verdier (Cérep, Université de Reims Champagne-Ardenne)

Date limite de soumission : 30 octobre 2020 (format : 2 à 3 pages)

Parution : 1er semestre 2021

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La concertation en environnement et ses acteurs territoriaux. État des lieux et perspectives

Centre de recherche sur les médiations
Communication, langue, art, culture
(UR 3476, Université de Lorraine, France)
 

Appel à articles

La concertation en environnement et ses acteurs territoriaux
État des lieux et perspectives 

Coordination : François Allard-Huver et Marieke Stein (Crem, Université de Lorraine)

Contexte scientifique et objectifs

 

Dans le domaine environnemental, les dispositifs de consultation du public dans le cadre de projets extractifs, énergétiques ou d’aménagement se sont multipliés depuis les années 1980, favorisés par plusieurs textes réglementaires et législatifs : décret Bianco de 1992 créant des débats sous autorité préfectorale, création de la Commission Nationale du Débat Public par la loi Barnier de 1995, loi de 2002 sur la « démocratie de proximité », loi dite « Grenelle II » de 2010 prévoyant que « les décisions réglementaires de l’État et de ses décisions publiques sont soumises à participation du public lorsqu’elles ont une incidence directe et significative sur l’environnement » (article L. 120-1 du code de l’environnement, cité par Sauvé, 2013, p. 22), etc. Plus récemment, se sont ajoutés à ces dispositifs réglementés d’autres expérimentations de concertation citoyenne, comme la Conférence citoyenne pour le climat mise en place en France fin 2019.

Pourtant, de tels dispositifs n’empêchent pas un certain nombre des projets qu’ils concernent (construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, barrage de Sivens, enfouissement de déchets nucléaires à Bure, industrialisation des mines aurifères en Guyane, etc.) d’évoluer vers des controverses publiques, voire vers des contestations radicales, en dépit des débats ou des procédures de consultations du public mis en œuvre. Ces dispositifs, tantôt présentés comme délibératifs (lorsque le citoyen prend part à l’élaboration d’une décision), tantôt comme consultatifs (visant à engager en amont des décisions une conciliation en vue d’éviter des conflits futurs), sont souvent désignés par le terme général et ambigu de « participation » puisque « du statut de simple représenté, le citoyen devient un véritable acteur en participant activement au processus d’élaboration des décisions publiques » (Conseil d’État, 2013, p. 16). Réunions publiques, réunions de concertation, enquêtes publiques, Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST), commissions de suivi, etc. sont autant de dispositifs promus comme devant permettre aux différentes parties prenantes – dont les citoyens – de s’exprimer sur les projets qui les concernent, à l’échelle des territoires. Comment expliquer alors que ces dispositifs, au lieu d’apaiser les dissensions, radicalisent souvent les positions des uns et des autres ?

Beaucoup de travaux ont été consacrés à la définition même de la participation (notamment en environnement) (Barbier et Larrue, 2011 ; Sauvé, 2013 ; Chambru, 2015), à la description des dispositifs relatifs à la « démocratie environnementale », au cadrage des débats ou encore aux processus de légitimation des savoirs. De plus, dans la société du risque (Beck, 2001), l’inégalité d’accès aux ressources informationnelles et communicationnelles des différents acteurs (opérateurs de projets industriels ou d’aménagement, pouvoirs publics, riverains et/ou opposants par exemple) est bien souvent au cœur des tensions et des résistances. En effet, des travaux de recherche ont déjà montré que les modalités de participation des citoyens aux décisions qui les concernent (enquêtes publiques, dispositifs de concertation, etc.) sont souvent mal comprises, mal maîtrisées, et engendrent plus souvent amertume et frustration que réelle implication des citoyens dans les projets controversés (Blatrix et al., 2007).

 

En 2018, le projet Cap-Controverses (Ariane/Feder) a vu le jour autour d’un groupe de chercheuses et chercheurs de l’Université de Lorraine avec pour ambition de penser et d’éclairer la question des controverses sous l’angle des publics et de leur capacité d’agir. Le projet a permis la création d’une communauté de chercheurs internationaux, venant d’horizons disciplinaires variés (Sciences de l’Information et de la communication, Sociologie, Science Politique, Sciences du Langage…) et spécialistes de l’analyse des controverses, de l’argumentation, des publics et du numérique. Ainsi, face à des projets contestés, issus d’une concertation limitée, voire inefficiente, l’enjeu premier de Cap-Controverses est d’améliorer la compréhension réciproque des différents acteurs (opérateurs de projets industriels ou d’aménagement, pouvoirs publics, riverains et/ou opposants, etc.) autour des choix communs de développement territorial et régional. Grâce à des rencontres régulières, des enquêtes de terrain et des travaux collaboratifs avec l’ensemble des parties prenantes (citoyens, élus, associations, entreprises, etc.), cette équipe a pu identifier les points qui sont au cœur des tensions et des résistances, pour comprendre en quoi les modalités de participation des citoyen·nes aux décisions qui les concernent (enquêtes publiques, dispositifs de concertation, etc.) sont souvent mal comprises, mal maîtrisées, et engendrent souvent amertume et frustration.

Cet appel à articles, en vue d’une publication dans une revue, est ouvert à celles et ceux qui sont intéressé·es par les dispositifs de la « démocratie environnementale ». Dans la lignée des recherches menées dans le cadre du programme Cap-Controverses, il conviendra d’approfondir l’analyse des dispositifs dits « concertatifs » ou « consultatifs » au regard de la participation des acteurs territoriaux qui en sont parties prenantes comme les citoyens, les associations, les élus locaux, les DREAL, etc. Il s’agit de mieux comprendre :

  • les raisons qui poussent ces acteurs territoriaux à intégrer de tels dispositifs, à proposer leurs contributions (lors d’enquêtes publiques, par exemple) ;
  • les modalités de leur participation ;
  • les effets de cette participation sur leur représentation des projets discutés, des dispositifs auxquels ils ont participé, et de leur propre rôle dans la gouvernance territoriale de tels projets.

 

Sont attendus des articles abordant cette question de la participation de différents groupes d’acteurs (citoyens, élus locaux, aménageurs, services de l’Etat…) aux dispositifs de concertation suscités localement ou régionalement (de préférence) par des projets d’aménagement, des projets extractifs ou énergétiques, etc., d’un point de vue non pas normatif, mais plutôt empirique et/ou pragmatique : retours d’expérience, recherches collaboratives, dispositifs de recherche-action seront les bienvenus. Seront appréciés les travaux fondés sur des méthodes d’observation participante ou sur des enquêtes menées auprès des différents groupes d’acteurs impliqués dans ces dispositifs (citoyens, associations, élus locaux, personnels des DREAL…) dans le but d’éclairer les raisons pour lesquelles les différentes catégories d’acteurs s’impliquent dans les dispositifs observés, leurs attentes, leurs retours critiques (favorables ou défavorables) et leurs propositions pour une amélioration des dispositifs dans le sens d’une meilleure prise en compte des avis et des intérêts de toutes les parties prenantes. Les propositions d’articles qui interrogeront les spécificités de la concertation concernant les thématiques environnementales, ce qu’elles font (ou pas) aux dispositifs de concertation, seront bienvenues, tout comme celles abordant la professionnalisation de la participation.

L’objectif du volume étant de proposer un état des lieux de la participation citoyenne en environnement, les recherches récentes seront privilégiées. Des articles traitant de situations observées dans d’autres pays seront également les bienvenues, afin d’améliorer par une perspective comparative la connaissance des dispositifs, de leurs atouts et de leurs limites.

Calendrier et modalités pratiques :

  • Les propositions (une page) sont à envoyer à François Allard-Huver (francois.allard-huver@univ-lorraine.fr) et à Marieke Stein (marieke.stein@univ-lorraine.fr) avant le 15 septembre 2020.
  • Date de notification de la décision du comité scientifique (sous réserve de l’acceptation définitive par la revue) : première quinzaine d’octobre 2020.
  • Date d’envoi des articles complets (35 000 – 50 000 signes espaces compris) : second semestre 2021 (en fonction du calendrier de la revue).

Références

 

ALLARD-HUVER F., « Environnement et discours d’influence officiels. L’exemple du Comité économique et social européen », in Libaert, Thierry, (Ed.), La communication environnementale, Hermès Essentiel, CNRS Edition, 2016, pp. 31-46.

ALLARD-HUVER F., LIBAERT T., « La communication sur les sujets sensibles au prisme des sciences de l’information et de la communication », in Revue internationale Communication sociale et publique, n°11, 2014, pp. 81-100

BACHIR, M., « La consultation publique. Nouvel outil de gouvernabilité et transformation des registres et répertoires d’action publique », in B. FRANÇOIS et E. NEVEU (dirs.), Espaces publics Mosaïques. Acteurs, arènes et rhétoriques des débats publics contemporains, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1999, pp. 381-393.

BARBIER, R, LARRUE C., « Démocratie environnementale et territoires : un bilan d’étape », Participations, 67 (1), 2011, pp. 67-104.

BALLAN É., BAGGIONI V., METAIS J. ET LE GUILLOU A., « Anticipation et contrôle dans les débats publics : le cas des premiers débats « nucléaires, in M. REVEL, C. BLATRIX, L. BLONDIAUX, J.-M. FOURNIAU et al. (dirs.), Le Débat public : une expérience française de démocratie participative, Paris, La Découverte, 2007, pp. 123-133.

BECK U., La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, trad. de l’allemand par L. Bernardi, Paris, Aubier, 2001.

BLATRIX C ., BLONDIAUX L., FOURNIAU J.-M., LEFEVRE R., REVEL M. (dirs.), Le Débat public : une expérience française de démocratie participative, Paris, La Découverte, 2007.

BLONDIAUX L.,FOURNIAU J.-M.., « Un bilan des recherches sur la participation du public en démocratie : beaucoup de bruit pour rien ? », Participations, 2011, vol. 1, n°1.

BODIN C., CHAMBRU M., « L’espace public sous l’emprise des normes technoscientifiques. L’impossible rencontre des mouvements sociaux et des acteurs scientifiques dans les débats publics de la CNDP », In Communiquer dans un monde de normes. L’information et la communication dans les enjeux contemporains de la « mondialisation », mars 2012, pp. 303-308. http://<hal-00840552>

CALLON M., LASCOUMES P., BARTHEY, Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, Paris, Le Seuil, 2002.

CHAILLEUX S., Non au gaz de schiste ! Cadrages et débordements de la controverse sur les hydrocarbures non conventionnels en France et au Québec, thèse de l’Université de Bordeaux, 2015. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01280729

CHAMBRU M., « L’utopie délibérative de la mouvance antinucléaire et les paradoxes de son expérimentation », Communication et organisation, 2015, pp. 61-72.

CHARAUDEAU, P., Le débat public entre controverse et polémique. Enjeu de vérité, enjeu de pouvoir, Paris, Lambert-Lucas, 2007.

CHATEAURAYNAUD F., Argumenter dans un champ de forces. Essai de balistique sociologique, 2011.

CHAVOT Ph., MASSERAN A., « Engagement et citoyenneté scientifique, quels enjeux avec quels dispositifs ? », in Questions de communication, 17, 2010, pp. 81-106.

DOURY M., QUET M., TSERONIS A., « Le façonnage de la critique par les dispositifs. Le cas du débat sur les nanotechnologies », Semen. Revue de sémio-linguistique des textes et discours, 39, 2015. Accès : https://semen.revues.org/10472.

LEFEBVRE R., « Les élus : des acteurs peu dialogiques du débat public », in M. REVEL, C. BLATRIX L., BLONDIAUX J.-M., FOURNIAU et al. (dirs.), Le Débat public : une expérience française de démocratie participative (p. 207-218), Paris, La Découverte, 2007, pp. 207-218.

LIBAERT T., PIERLOT J-M., Les nouvelles luttes sociales et environnementales, Paris, Vuibert, 2014.

MABI C., « Inclusion des publics et matérialité des dispositifs participatifs », Participations. Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, 7, 2013, pp. 201‑213.

MAZEAUD A., NONJON M., Le marché de la démocratie participative, Vulaine-sur-Seine, Editions du Croquant, coll. « Sociopo », 2018.

MONNOYER-SMITH L., Communication et délibération : enjeux technologiques et mutations citoyennes, Paris, Lavoisier, 2011.

NEVEU, C., « Démocratie participative et mouvements sociaux : entre domestication et ensauvagement », Participations, 1, 2011, pp.186-209.

RUI S., La Démocratie en débat. Les citoyens face à l’action publique. Paris, Armand Colin, 2004.

SAUVE J.-M., « La démocratie environnementale aujourd’hui. Introduction », In Conseil d’État, 2013, La Démocratie environnementale. Un cycle de conférences du Conseil d’État, Paris, La documentation française, 2013, pp. 19-27.

SOUCHARD N., BONY Y., « La recherche-action coopérative, une voie contributive aux productions de la société civile », in : Actes du Colloque“Chercheur.e.s et acteur.e.s de la participation : Liaisons dangereuses et relations fructueuses”, 2015.

STEIN M., « De la concertation à la contestation : quand la peur de la rhétorique envenime les controverses sociotechniques », ESSACHESS, 2017, vol. 10, n° 1(19).

SURAUD M.-G., 2006, « L’espace public : Entre autonomie et institutionnalisation. Le cas d’un débat sur les risques industriels », Communication,24 (2), pp. 9-28.

Esthétique(s) et politique de l’archive en art

Centre de recherche sur les médiations
Communication, langue, art, culture
(UR 3476, Université de Lorraine, France)
 
Proteus, 17
Esthétique(s) et politique de l’archive en art
Cyrielle Lévêque & Mélodie Marull, coords.
 
La livraison portera sur les enjeux politiques de l’archive dans le monde de la création artistique. Nous nous intéresserons au rôle de l’artiste tant dans la création d’archives (réelles ou fictives) que dans leur réactivation et leur transmission. L’affectivité qui peut insuffler ou s’injecter dans ses pratiques pourra être mise en discussion, de même qu’il s’agira de nous interroger sur les processus artistiques par lesquels l’archive peut révéler sa dimension politique. La question de l’artification de l’archive se pose alors et les conditions comme les perspectives offertes par celle-ci pourront être interrogées. Il sera aussi possible de poser un regard épistémologique sur le sujet en réfléchissant à la place du document d’archive dans les corpus des chercheur·ses en art.
 
L’appel est disponible via ce lien : http://www.revue-proteus.com/appels.html
 

Les propositions d’articles sont à envoyer pour le 6 septembre 2020 à l’adresse suivante : contact@revue-proteus.com

La revue Proteus accueille également des articles hors-thèmes que vous pouvez envoyer en dehors des dates limites fixées pour les articles sur thème.

Toutes les livraisons parues sont téléchargeables gratuitement sur le site de la revue.

Livres à chroniquer

Revue dirigée par :
Jacques WALTER, Université de Lorraine, France
Béatrice FLEURY, Université de Lorraine, Canada

37e livraison de Questions de communication

Vous trouverez ci-dessous une liste de livres envoyés à la rédaction de Questions de communication que vous pourriez chroniquer. Vous pouvez aussi proposer des notes de lecture sur des titres (en français ou non) de votre choixVotre contribution est attendue pour le 15 septembre 2020. Tout·e auteur·trice d’une note est destinataire d’un exemplaire de la revue.

Merci d’indiquer votre adresse postale pour recevoir le volume que vous avez choisi :

Beatrice.Fleury@univ-lorraine.fr

jacques.walter@univ-lorraine.fr

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Crises sanitaires et communication : enjeux sociétaux et organisationnels

Coordination du dossier par :
Hélène ROMEYER, Université Bourgogne–Franche-Comté, France
Stephanie FOX, Université de Montréal, Canada

La santé est définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « un état de bien-être physique, mental et social complet et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (OMS, 1946). Cette définition souligne les interactions de toute une série d’éléments autres que physiologiques pour concourir à un « état de bien-être physique, mental et social ». La complexité se situe alors au niveau de ces interactions, et ce, tant au niveau individuel que collectif, au niveau des organisations que de la société tout entière, etc. Ainsi, la santé n’est plus seulement une affaire individuelle mais aussi une préoccupation collective. Ce rapport de force individuel/collectif de la santé est particulièrement manifeste à l’intersection de deux approches : celle de l’espace public (Contandriopoulos, Denis, et Langley, 2004; Habermas, 1962; Romeyer, 2011) et celle de la sphère organisationnelle (Apker, 2012; Bonneville, 2003; Carré et Lacroix, 2001; Cherba et Vásquez, 2014; Cordelier, 2013, 2019; Harrison et Williams, 2016; Mayère, 2013; Zook, 1994). Ici, la santé invoque nécessairement des questions de gouvernance et de citoyenneté, de politique et d’économie, d’innovation et de surveillance, de rôle et de responsabilité.

Cette imbrication complexe de la santé, de l’espace public et de la sphère organisationnelle est mise en évidence en période de grandes crises sanitaires et d’épidémies, dont l’actuelle pandémie du COVID-19 est une des manifestations les plus entropiques. Il faut noter qu’au XVIIIe siècle, épidémie et pandémie étaient en français synonymes. Ce n’est que plus récemment que le terme d’épidémie est requalifié en pandémie lorsqu’elle s’étend à toute la population d’un continent. Pour l’OMS ce terme ne s’applique qu’en « cas de propagation mondiale d’une nouvelle maladie » (OMS, 2010). Confrontée à des défis épidémiologiques, économiques, émotionnels (Dujardin et Lépine, 2018), la santé en situation de pandémie révèle des failles précédemment cachées, tout comme elle est au centre d’innovations et d’expérimentations inédites. Ce sont à la fois les processus de publicisation et les pratiques organisationnelles des sociétés tout entières qui sont bousculées.

Bien évidemment les premiers scientifiques à être saisis de la question en situation de crises sanitaires et à qui l’on demande des solutions sont les spécialistes de médecine, de virologie, d’épidémiologie, etc. Pour autant, le choc provoqué par les situations de pandémie et les mesures qui accompagnent ces situations d’exception doivent être l’occasion pour les sciences humaines et sociales de s’exprimer, notamment, en ce qui nous concerne, pour les experts en matière de communication. Les mesures de distanciation, de confinement, le télétravail, le chômage partiel, la fermeture des frontières n’ont pas seulement remis en cause les fondements de la mondialisation, des échanges commerciaux et la structuration de l’économie mondiale. Ces mesures inédites ont aussi interrogé profondément une série de rapports tels que : impératifs sanitaires / priorités économiques; valeurs, décisions et actions individuelles / collectives; centralisation de la décision et de la responsabilité / délégation aux états ou collectivités. Cela a également fait émerger ou accéléré certaines pratiques de travail, de consommation, de consommation culturelle en lien avec les techniques d’information et communication.

Nombre de travaux ont abordé les questions de santé ou une pandémie en particulier. Ces travaux ont abordé des questions de médiatisation (Lee et Basnyat, 2013; Marchetti, 2010), des scandales (Henry, 2000), la place et le rôle des associations (Akrich, Meadel, Rabeharisoa, 2009; Sastry et Lovari, 2017), les aspects organisationnels (Carré et Lacroix, 2001; Grosjean et Bonneville, 2007; Mayère 2013), la numérisation du secteur (Cordelier et Galibert, sous presse; Romeyer 2012), une pathologie en particulier (Mignot et Omrane, 2018; Ollivier-Yaniv, 2015), etc. Tous ont permis de montrer les mutations à l’œuvre dans le champ de la santé : informatisation, numérisation, médiatisation, publicisation, l’émergence des malades, empowerment, etc. L’ensemble de ces mutations sont non seulement encore à l’œuvre mais interagissent entre elles. Et elles se trouvent exacerbées en situation de pandémie.

Toutefois, ce que ce numéro spécial de la revue Communiquer souhaite interroger les modalités de la publicisation d’une pandémie au regard des modalités organisationnelles sur lesquelles elle débouche. Ainsi, ce dossier thématique a pour objectif de susciter la réflexion autour des situations de pandémie, passées ou en cours, en privilégiant les approches en termes d’espace public et en termes organisationnels. Outre l’intention de penser les processus de publicisation, les modalités organisationnelles, ou les enjeux de la numérisation d’un certain nombre de pratiques, nous appelons des textes portant une réflexion théorique ancrée dans des observations empiriques afin de contribuer au renouvellement des pistes de recherche ou des pratiques autour de quatre axes apparaissant particulièrement pertinents.

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