Archives de catégorie Article, recension

Usage(r)s des plateformes : les publics de l’audiovisuel à la demande

Communiquer cherche à élargir son dialogue autour du thème de Usage(r)s des plateformes : les publics de l’audiovisuel à la demande dans le cadre d’un dossier spécial à paraître au premier trimestre de 2021. Pour ce faire, nous souhaitons y inclure des recensions d’ouvrages liées à cette thématique et au domaine de la communication plus largement. C’est pourquoi nous sollicitons votre participation en tant que lecteur impliqué et intéressé à contribuer à l’enrichissement des connaissances. Une liste d’ouvrages vous est ci-dessous proposée, mais n’hésitez pas à nous contacter pour toute autre suggestion.

Directives

Vous êtes invité à contacter le secrétariat de Communiquer afin de signaler votre intérêt et confirmer la disponibilité de l’ouvrage visé. Une fois cette étape complétée et votre ouvrage en main, vous aurez 2 mois pour compléter la rédaction de votre recension.

Les textes complétés seront soumis à l’adresse indiquée ci-après de Communiquer, Revue de communication sociale et publique en sélectionnant le dossier « Article – Sur appel »
http://communiquer.revues.org/1275

Lors du dépôt de votre texte sur la plateforme, veuillez préciser dans les notes au rédacteur que votre dépôt concerne l’appel à articles du dossier « Usage(r)s des plateformes ».

Les consignes de rédaction des recensions sont consultables à la page : http://communiquer.revues.org/1606

Contacts

Comité de rédaction de Communiquer

Liste d’ouvrages

Albornoz, L.A et Garcia Leiva, T. (2019). Audio-Visual Industries and Diversity. Taylor & Francis. 

Aubert, J.-P. et Taillibert, C. (dir.), L’économie de la cinéphilie contemporaine (p. 99-154). Paris, France : L’Harmattan. 

Benson, P. (2016). The Discourse of YouTube. Multimodel Text in a Global Context. Routledge. 

Beuré, F., Boissonneau, M et Sandeau, J. (dir.), Quand le cinéma et la télévision enquêtent sur leurs publics. Cahiers de champs visuels, n°16-17.

Brereton, P. (2018). Environmental Literacy and New Digital Audiences. Taylor & Francis. 

Bonde Korsgaard, M. (2017). Music Video After MTV. Taylor & Francis. 

Louessard, B. et Farchy, J. (2018). Scène de la vie culturelle : YouTube, une communauté de créateurs. Presses Des Mines. 

Johnson, C. (2019). Online TV. Routledge.

Johnson, D. (2016). From Networks to Netflix. A Guide to Changing Channels. Routledge.

McDonald, K et SMith-Rowsey, D. (2016). The Netflix Effect. Technology and Entertainment in the 21st Century.  NYC: Bloomsbury. 

Octobre, S. (2018). Les techno-cultures juvéniles. Du culturel au politique. Éditions L’Harmattan. 

Raun, T. (2016). Out Online: Trans Self-Representation and Community Building on YouTube. Routledge. 

Tensions interculturelles en organisation

Resumé

Bien qu’une grande partie des travaux en communication interculturelle adopte une approche « liquide » du concept de culture, ouverte à son caractère pluriel, afin de dépasser le prisme national, cette approche semble encore peu représentée parmi les travaux francophones en sciences de l’information et de la communication portant sur les organisations. Le numéro 58 de Communication & organisation vise à explorer cette dimension, en invitant des propositions ayant une approche critique de l’interculturel, afin d’éclairer les problématiques portant sur les tensions relatives aux discours culturels et identitaires en contexte organisationnel.

Argumentaire

La problématique d’interculturalité appliquée aux organisations est souvent mise en lumière et présentée comme actuelle, du fait de la mondialisation, caractérisée par l’ouverture des marchés et la mobilité croissante des cadres, des employés, ou bien des consommateurs. L’on cherche alors à rendre compte de différences culturelles nationales et de la manière dont elles peuvent impacter l’activité organisationnelle, en rapport aux styles de management, à l’expatriation ou à la gestion de ces différences au sein d’une structure.

Or, l’interculturel dépasse largement cette seule dimension internationale et s’applique au « culturel » à différents niveaux de structuration sociale. Dès les années 1980, les organisations, abordées en tant que groupes sociaux, ont fait l’objet de travaux sur la « culture organisationnelle » (Frost et al. (eds.) 1991 ; Martin 1992 ; Peters et Waterman 1982 ; Schein 1985 ; Thévenet 2003). En plus de « sa » culture propre, l’organisation est traversée par de multiples autres cultures, qu’elles soient professionnelles, de département ou de service, liées à l’ethnicité, à l’implantation géographique régionale, locale ou bien nationale, entre autres (Ashforth et Mael 1989 ; Frost et al. (eds.) 1991 ; Hogg et Terry 2000 ; Martin 1992 ; Schein 1991). Le numéro 22 de Communication & organisation, paru en 2002 sous le titre « Interculturel et communication dans les organisations » soulignait déjà cette richesse culturelle, interrogée dans sa pluralité, son caractère évolutif, négocié, et dans ses rapports au pouvoir (Blin, Cousserand et Mesnil 2002 ; Bouzon 2002 ; Bratosin 2002 ; Dagenais 2002 ; Desjeux 2002 ; Nowicki 2002 ; Pierre 2002). Il reflétait en cela d’autres travaux ayant souligné l’importance des cultures dans les organisations dans les processus de signification (Weick 1995 ; Weick, Sutcliffe et Obstfeld 2005), ou mis en avant la manière dont ces cultures se négocient (Brannen et Salk 2000 ; Lahti 2015), notamment à travers l’activité organisationnelle (Wenger 1999 ; Giroux 2006).

Les travaux critiques en communication interculturelle (Dervin 2011a ; Dervin 2013 ; Nakayama et Halualani (eds.) 2010 ; Sommier 2019) et en sciences de gestion (Primecz, Mahadevan et Romani 2016 ; Romani et Claes 2014) nous rappellent aussi qu’interculturel n’est pas synonyme d’international. Ils nous encouragent à prendre de la distance par rapport aux problématiques simplistes et souvent essentialistes de la culture prise uniquement au niveau national, telles qu’elles ont pu s’exprimer à travers les approches comparatives (cross-cultural) inspirées par les travaux de Geert Hofstede (Hofstede 1984 ; Hofstede 1991 ; Hofstede 2011) de Fons Trompenaars et de Charles Hampden Turner (Trompenaars et Hampden-Turner 1993), de Richard Lewis (Lewis 1996) ou, plus récemment, du projet GLOBE (House et al. 2004). D’autres travaux comparatifs, adoptant une démarche ethnographique, cherchent à éviter les écueils réductionnistes des études fondées sur des enquêtes, mais même des recherches qui visent à aborder les différences nationales à travers la complexité (D’Iribarne 1989 ; D’Iribarne et al. 2002) n’échappent pas toujours au piège du « nationalisme méthodologique » (Beck 2007 ; Wimmer et Glick Schiller 2002). D’autres recherches encore ont évité les comparaisons nationales, en situant l’analyse au niveau de « l’intelligence culturelle » (Earley et Ang 2003) ou du processus d’acculturation de cadres expatriés (Berry 1997 ; Berry 2005 ; Kim 1995), sans toutefois prêter attention à d’autres variables que les différences nationales.

En sciences de gestion, certaines études ont mis l’accent, depuis le début des années 2000, sur les tensions interculturelles en organisation, relevant d’un processus continu de négociation de repères de signification, de codes et de normes partagés (Blasco, Feldt et Jakobsen 2012 ; Clausen 2010 ; Jackson et Aycan 2006 ; Søderberg et Holden 2002), processus indissociable d’un contexte organisationnel (Mucchielli 2004 ; Davel, Dupuis et Chanlat 2008) à la fois économique (concurrentiel), politique (enjeux de pouvoir) et social (influence de groupes sociaux divers). Loin de se cantonner à l’étude de l’expatriation et de différences de styles de management réputés nationaux, à l’instar de leurs prédécesseurs, ces travaux s’intéressent à la dimension culturelle de la gestion du changement dans les organisations (Al-Haddad et Kotnour 2015), de fusions-acquisitions ou de joint-ventures (Barmeyer et Davoine 2019 ; Brannen et Salk 2000 ; Van den Ende et Van Marrewijk 2015 ; van Marrewijk 2010 ; Ybema et Byun 2009), de la communication organisationnelle (Carayol et Frame (eds.) 2012 ; D’Almeida et Carayol 2014 ; Edwards et Hodges (eds.) 2011 ; Frame et Ihlen 2018 ; L’Etang 2012 ; Sriramesh et Vercic (eds.) 2012) ou bien de la gestion des identités plurielles et de la diversité (Bryan 2010 ; Frame 2016 ; Nishii et Özbilgin 2007 ; Rabassó 2015 ; Syed et Ozbilgin (eds.) 2015 ; Cloet et Pierre 2018 ; Abdallah-Pretceille 2006). Ils s’inscrivent, pour certains, dans la visée des travaux critiques de Joanne Martin sur la culture organisationnelle (Frost et al. (eds.) 1991 ; Martin 1992) et s’appuient sur des définitions « liquides » de la culture (Bauman 2011 ; Dervin 2011b), à travers des paradigmes comme celui de la « culture négociée » (Brannen et Salk 2000 ; Clausen 2007). Dans des articles parus récemment, Laurence Romani et Henriett Primecz retracent cette évolution épistémologique et paradigmatique (Romani et al. 2018 ; Romani, Mahadevan et Primecz 2018), et lancent un appel pour de nouvelles approches critiques de la dimension culturelle des organisations, ouvertes à des problématiques postmodernes de pouvoir et d’identités.

Ces approches critiques de l’interculturel, souvent anglophones, sont relativement peu citées dans la littérature francophone en sciences de l’information et de la communication, malgré des voix qui appellent à dépasser le prisme national dans l’étude de l’interculturel organisationnel (Carayol 2012 ; Nowicki 2002). Dix-huit ans après le numéro 22 qui a ouvert la voie à cette problématique, le numéro 58 de Communication & organisation invite des propositions d’articles abordant les sujets suivants de façon théorique, empirique, et/ou méthodologique ; la liste suivante n’étant cependant pas exhaustive :

  • Le cadrage culturel de luttes de pouvoir organisationnelles : comment l’utilisation de discours sur la culture en contexte organisationnel peut-elle justifier ou légitimer des luttes de pouvoir au quotidien ? Analyses de discours culturels produits par et sur l’organisation elle-même et de leur propension à être normatifs et/ou disruptifs.
  • La dimension culturelle et identitaire de la gestion du changement en organisation : comment les cultures et les identités sont-elles convoquées (Goffman 1973 ; Cooren 2010) pour légitimer et/ou contester des pratiques organisationnelles présentées comme nouvelles ou anciennes ? Quelles dynamiques culturelles (négociées) animent l’évolution des pratiques ? Analyses de contextes organisationnels comme contextes sociaux et culturels tendus entre différents groupes sociaux qui influencent le changement.
  • L’approche intersectionnelle (Crenshaw 1991) des organisations : comment articule-t-on de multiples identités selon les situations de communication en contexte organisationnel ? Analyses des identités plurielles et de leur négociation sur le plan intersubjectif et aux niveaux individuel et organisationnel au vu des différents rapports de domination qui les traversent et contribuent à la (re)production d’inégalités, d’oppressions et de privilèges au sein des organisations.
  • La gestion de la diversité culturelle et identitaire dans les organisations : quelles pratiques et quels discours managériaux en ressources humaines et/ou en communication interne autour de la « diversité culturelle » en organisation ? Analyses de modalités de « cohabitation culturelle »(Wolton 2005 ; Wolton 2009 ; Meyer-Bisch et Dacheux 1999) mises en œuvre dans les organisations.
  • Les échelles d’observation de la culture (Desjeux 2002): comment réconcilier les conceptions de culture comme structure et comme dynamique dans l’étude de la communication en contexte organisationnel ? Analyses mettant en relation le micro, le méso et le macro, le statique et le liquide pour éclairer l’utilisation et le fonctionnement des dimensions culturelle et identitaire de la communication dans les organisations.
  • La méthodologie de l’interculturel critique en communication des organisations : comment éviter le « nationalisme méthodologique » (Beck 2007 ; Wimmer et Glick Schiller 2002) ? Discussions des approches méthodologiques pouvant apporter une plus-value en prenant en compte l’interculturalité et en dépassant les automatismes visant à associer, par défaut, l’échelle (inter)nationale à l’étude des organisations.

À propos des coordinateurs du numero

  • Alex Frame est maître de conférences en Sciences de l’information et de la Communication à l’Université de Bourgogne depuis 9 ans, où il est responsable du Master anglophone en Management Interculturel, depuis son ouverture en 2014. Ses travaux au laboratoire TIL (« Texte, Image, Langage ») (EA 4182) portent sur les approches critiques en communication interculturelle, appliquées à la communication interpersonnelle, à la migration, à la communication des organisations et aux réseaux socionumériques. Il travaille également sur la communication numérique appliquée à la politique et à l’industrie agroalimentaire.
  • Mélodine Sommier est maître de conférences en communication interculturelle à l’Université Erasmus de Rotterdam, aux Pays-Bas. Ses recherches se concentrent sur l’utilisation de la culture comme ressource discursive et interactionnelle, en particulier sur les associations faites entre culture, « race » et religion, dans une perspective de production de la différence. Mélodine est co-fondatrice et co-présidente du groupe de travail sur la communication interculturelle et la diversité au sein de l’association néerlando-flamande de communication (NeFCA) et vice-présidente de la division Communication internationale et interculturelle (IIC) de l’association européenne de communication (ECREA).

Calendrier

  • Envoi des propositions de 6 000 caractères, espaces compris, selon les consignes de rédaction, bibliographie non comprise : 01 mars 2020 (date repoussée au 22 mars)

  • Retour aux auteur.es de la sélection des propositions : 15 mars 2020
  • Remise de l’article intégral (35 000 caractères maximum) pour relecture en double aveugle par le comité de lecture : 15 mai 2020
  • Retour aux auteur.es de l’évaluation par le comité de lecture : 30 juin 2020
  • Retour des articles définitifs : 15 septembre 2020
  • Publication du numéro : décembre 2020

 Consignes de rédaction des propositions

  • 6 000 caractères, espaces compris
  • Bibliographie non comptabilisée dans le nombre de caractères
  • Sur une page de garde : titre de la proposition, prénom et nom de l’auteur, université, laboratoire, adresse électronique, cinq mots clés

Les propositions seront envoyées conjointement aux deux coordinateurs du numéro :

  • alexander.frame@u-bourgogne.fr 
  • sommier@eshcc.eur.nl

Consignes de rédaction des articles définitifs

  • 35 000 caractères maximum, espaces compris, bibliographie comprise
  • Les normes de mise en page des articles définitifs sont accessibles en ligne sur le site de la Revue : https://journals.openedition.org/communicationorganisation/5909.
  • La mise en forme finale selon les normes fournies conditionnera l’acceptation définitive de l’article.

Références

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Ybema Sierk et Byun Hyunghae, 2009, « Cultivating Cultural Differences in Asymmetric Power Relations », International Journal of Cross Cultural Management, 9: 3, 339–358.

L’érudition. Connaissances et communication

Numéro coordonné par Dominique Wolton et Bernard Valade

Modalités Les textes proposés doivent s’inscrire dans les domaines de recherche étudiés par Hermès. Le catalogue (en ligne : https://hermes.hypotheses.org/1817) et l’ensemble des numéros (en ligne ici : https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue.htm) permettent d’en avoir une vue d’ensemble. La revue encourage une écriture libre et accessible, sans jargon.

Format des résumés : 5 000 signes maximum et une très courte bibliographie indicative.

Les résumés sont attendus pour le 15 janvier 2020 et seront envoyés à l’adresse suivante hermes@cnrs.fr avec comme objet de cet email « proposition Hermès érudition »   Les réponses aux propositions seront envoyées aux auteurs avant le 25 janvier 2020. Les textes qui auront été acceptés, d’une longueur de 20 000 signes, seront à remettre le 15 avril 2020.

La constitution des autorités numériques dans la production et la circulation de l’information

Dossier coordonné par :

Évelyne Broudoux (Dicen-IDF, Cnam-INTD)

Madjid Ihadjadene (Paragraphe, Université de Paris 8)

Les modifications du « faire autorité » se laissent observer dans les dispositifs numériques en réseau à travers les productions écrites, textuelles ou imagières. Alors que les notions de collaboration, de participation et de partage sont utilisées par les propriétaires des plateformes de réseautage « social » pour publiciser leurs projets, la question de l’autorité numérique qui est au cœur de la production et de la circulation des contenus sur ces plateformes mérite d’être approfondie. Ce dossier d’Études de communicationportera sur la constitution des diverses formes d’autorités numériques à l’œuvre sur les réseaux.

Les nouveaux acteurs de l’autorité numérique

La période actuelle semble caractérisée par une baisse de confiance envers les sources et les professionnels de l’information. Observer les modifications dans les processus de reconnaissance, de légitimation, de l’autorisation de la parole transformée (réputation, crédibilité, présence, identité, autoritativité, etc.) s’avère une priorité pour la compréhension des phénomènes. L’émergence de nouveaux acteurs interroge les rapports de pouvoir et d’influence (horizontalité, circulation de l’information) dans les sociétés et dans les organisations. Plus précisément, les échanges directs effectués dans des espaces de discussion et de publication se produisent en accord avec des systèmes de pertinence qu’il s’agirait de déconstruire, selon les différents contextes d’usages. Pour participer, la confiance est nécessaire, mais ce climat de confiance est tout d’abord suscité par des technologies de captation influençant les comportements humains (ex : travaux du Standford Persuasive Tech Lab), ce qui pose aussi la question du rôle systémique joué par les interfaces.

Autorités numériques et modélisation documentaire

L’autorité numérique peut aussi être interrogée en termes info-documentaires dans l’organisation des connaissances. L’évolution des systèmes de mise en relation des connaissances dans les environnements de publication scientifique tend à granulariser ce qui fait citation. Les technologies d’encodage comme le linked open-datainsèrent dans un tissu toujours plus fin de références des renvois, des ajouts, des recommandations automatisables. La question des responsabilités de l’auteur, de l’éditeur, du lecteur et des infomédiaires dans l’architecture de l’information se pose lorsque chacun est à même d’enrichir la production originale première. 

Le rôle des algorithmes dans la définition des autorités

L’éditorialisation algorithmique, déjà bien connue avec le filtrage collaboratif et les moteurs de recommandation, se décline toujours plus subtilement. Ainsi, les figures du « robot-auteur » se sont banalisées dans la création artistique et dans le traitement de l’information de presse. La question se pose d’une rupture qui s’effectuerait dans les contrats d’intentionnalité et d’originalité liant la fonction-créative à la fonction-interprétative, lorsque la création algorithmique est passée sous silence. Les conséquences de ces nouvelles manières de faire pourraient aussi résider dans l’amplification d’un phénomène de défiance. La désintermédiation reposant sur l’absence d’auteur identifiable questionne aussi l’absence de responsabilité qui en découle. D’une manière plus large, la modélisation des dispositifs redistribue l’autorité dans des processus organisationnels (ex : Wikipedia, blockchain,recours aux technologies de l’intelligence artificielle, etc.).

Les contributions attendues à ce numéro peuvent être théoriques ou empiriques et aborder, de manière non limitative, les différents champs suivants : politique, journalistique, éducatif, documentaire, religieux, artistique, etc.

Le dossier rassemblera des articles selon les orientations suivantes dont nous proposons quelques exemples :

–       les nouveaux acteurs de l’autorité numérique : les formes et facteurs de mise en place d’une relation de confiance et l’influence qui en découle,

–       les plateformes distribuées : la gestion de la participation citoyenne à l’élaboration de connaissances, la gestion de la preuve dans la blockchain,

–       l’autorité et les systèmes d’organisation des savoirs : l’évaluation, la validation des contenus, la gouvernance sur Wikipédia,

–       éditorialisation et autorité : le rôle de l’éditeur et celui de la valorisation des œuvres face à l’automatisation,

–       la communication et l’autorité organisationnelle : les changements dans la gestion managériale des entreprises.

Bibliographie indicative

• Arendt, H. (1972). « Qu’est-ce que l’autorité ? » Dans La crise de la culture (p. 121-252). Paris, France : Gallimard. 

• Alloing, C. (2017). « La réputation pour questionner l’autorité informationnelle : vers une « autorité réputationnelle » ». Quaderni, (2), 33-41

• Broudoux, E. (2017). « Autorité scientifique et épistémique à l’épreuve de la mesure des citations ». Études de communication. langages, information, médiations, (48), 177-198

• Birnholtz, J. P. (2006). « What does it mean to be an author? The intersection of credit, contribution, and collaboration in science ». Journal of the American Society for Information Science and Technology, 57(13), 1758-1770.

• Benoit-Barné, C., et Cooren, F. (2009). « The accomplishment of authority through presentification: how authority is distributed among and negotiated by organizational members ». Management Communication Quarterly, 23(1), 5–31 

• Collerette, P. (2002). Pouvoir, leadership et autorité dans les organisations. Sainte-Foy, QC, Canada : Presses de l’Université du Québec. 

• Favier, L & Ihadjadene, M. (2008). « Langages documentaires: ver une « crise de l´ autorité »? ». Sciences de la société, (75), 11-21.

• Gadeau, O. (2015). « La (re) construction de l’autorité informationnelle dans les pratiques des journalistes québécois sur Twitter ». Communication. Information médias théories pratiques, 33(2).

• Huvila, I. (2019). « Authoring social reality with documents: From authorship of documents and documentary boundary objects to practical authorship ». Journal of Documentation, 75(1), 44-61

• Lewandowsky, S., Ecker, U. K., & Cook, J. (2017). « Beyond misinformation: Understanding and coping with the “post-truth” era ». Journal of Applied Research in Memory and Cognition, 6(4), 353-369

• Montal, T., & Reich, Z. (2017). « I, robot. You, journalist. Who is the author? Authorship, bylines and full disclosure in automated journalism ».Digital journalism, 5(7), 829-849.

• Rieh, S. Y. (2002). « Judgment of information quality and cognitive authority in the Web ». Journal of the American society for information science and technology, 53(2), 145-161

• Taylor, J. R. et Van Every, E. J. (2015). « When organization fails: why authority matters ». New York, NY, États-Unis : Routledge. 

• Vásquez, C., Bencherki, N., Cooren, F., & Sergi, V. (2018). « From ‘matters of concern’ to ‘matters of authority’: Studying the performativity of strategy from a communicative constitution of organization (CCO) approach ».Long Range Planning, 51(3), 417-435.

• Van Zundert, J. J. (2015). « Author, editor, engineer – Code & the rewriting of authorship in scholarly editing ». Interdisciplinary Science Reviews, 40(4), 349-375.

• Wilson, P. (1983). Second-hand knowledge: An inquiry into cognitive authority. Westport, Conn.: Greenwood.

Comité de lecture (en cours de constitution)

Nicolas Bencherki (Université Téluk)

Stéphane Chaudiron (Université de Lille)

Lucile Desmoulins (Université Paris-Est Marne-la-Vallée)

Bernard Jacquemin (Université de Lille)

Antonietta Folino (Université de Calabre)

Seth van Hooland (Université libre de Bruxelles)

Alice Krieg-Planque (Université Paris-Est Créteil)

Guillaume Latzko-Toth (Université de Laval)

Olivier Le Deuff (Université Bordeaux-Montaigne)

Basma Makhlouf Shabou (Haute école spécialisée de Suisse occidentale)

Alexandra Saemmer (Université Paris 8)

Brigitte Simonnot (Université de Lorraine)

Lise Verlaet (Université de Montpellier)

Sélection des propositions

La sélection des propositions de contribution se fait en deux temps :

– Sur la base d’un résumé de 1 500 à 2 000 motsqui présentera les objectifs, l’argumentation et l’originalité de la proposition ainsi que quelques orientations bibliographiques.

– Pour les résumés retenus, une seconde évaluation sera réalisée sur la base des articles définitifs.

Les instructions aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue : http://edc.revues.org/

L’évaluation sera assurée de manière anonyme par au moins deux lecteurs du comité.

L’envoi des résumés au format Word (.doc) ou PDF se fait aux deux adresses suivantes :

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.« >evelyne.broudoux@cnam.fr

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.« >madjid.ihadjadene@univ-paris8.fr

Les propositions d’articles ainsi que les articles peuvent être soumis en français ou en anglais.

Calendrier

15 octobre 2019 : soumission du résumé

15 décembre 2019 : notification de l’acceptation ou du refus du comité de lecture aux auteurs

15 mars 2020 : remise de la version complète des articles

15 juin 2020 : réception des versions définitives

Décembre 2020 : publication du numéro (version papier et version électronique)

Objets connectés : enjeux technologiques, enjeux de société

Revue TIC & Société

Objets connectés : enjeux technologiques, enjeux de société

https://journals.openedition.org/ticetsociete/4644

Dossier coordonné par Béatrice Arruabarrena – Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) – Membre de DICEN

 

Thématique :

Depuis quelques années, le développement des objets connectés est en plein essor. Avec un marché mondial dépassant 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2017, les prévisions pour les années à venir annoncent une croissance exponentielle menant à un total de 50 milliards d’objets connectés pour 2020. Ces nouveaux objets, qui permettent de capter, d’analyser et de visualiser des données en temps réel, s’insèrent rapidement dans tous les domaines de la vie quotidienne. On les retrouve dans les transports, l’habitat (smart building), l’écologie, l’énergie (smart grids), la santé ou encore le bien-être. Pourtant, si les recherches montrent que ces nouveaux objets numériques représentent une véritable opportunité pour la surveillance et la régulation en santé (Swan, 2012, 2013), notamment pour le suivi des maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, etc.) (Simon, 2017), ou encore pour la gestion de l’énergie, par exemple avec le déploiement de compteurs électriques « intelligents », leurs usages n’en restent pas moins controversés et les enjeux sociaux, éthiques, politiques et économiques soulevés par ces nouveaux objets sont encore trop peu abordés (Simon, 2017).

Les objets connectés donnent lieu tout d’abord à des questions de sécurité liées à la protection des données et de la vie privée (Weber, 2010), toutes deux importantes en ce qui concerne la confiance et l’appropriation de ces nouveaux outils numériques (Chouk et Mani, 2016). Si en Europe le Règlement européen sur la protection des données (RGPD) entré en vigueur en 2018 a permis de renforcer la protection des données par la mise en place de principes d’intégrité et de confidentialité, et en réduisant la captation des données à leurs seules finalités d’usage, en revanche, au niveau international, comme le soulignait l’UNESCO en 2013 dans son étude mondiale sur le respect de la vie privée sur Internet, il existe encore des discordances des cadres juridiques entre compétences nationales et internationales qui nécessitent un rééquilibrage. Au niveau technique, les défis concernent les infrastructures, les protocoles et les standards pour l’interopérabilité, les normes métrologiques, et la transparence des algorithmes, en particulier pour les objets connectés destinés au grand public qui sont parfois déployés sans véritable évaluation et concertation entre professionnels, industriels et usagers (Simon, 2017). Leurs usages nous renvoient également à la question de la fracture numérique. L’accès à ces technologies reste encore coûteux tant pour les usagers que pour les entreprises et les organisations, pour qui le prix d’entrée sur le marché nécessite des investissements importants à long terme. 

Pour autant, sur le plan des usages, la question du couplage « humain-machine » (Simondon, 1958) automatisé entre le corps physique, les objets et les données numériques (Boullier, 2016) n’est pas prise en compte dans les dispositifs connectés. Pourtant, ceux-ci ne sont pas neutres. En tant qu’objets info-communicationnels, ils modifient nos modes d’interaction avec les objets (Hoffman et Novak, 2015) et avec les individus, mais ce sont également les rapports réflexifs à soi-même qu’ils intensifient (Pharabod, 2013 ; Arruabarrena, 2016). Le caractère interventionnel (Cambo, 2016) ainsi que leurs effets info-communicationnels de rétroactions automatisées sur l’individu ne sont pas non plus questionnés (Arruabarrena, 2016). Pourtant, certaines recherches auprès des usagers ont bien montré que si les objets connectés pouvaient être considérés comme étant bénéfiques dans des contextes particuliers pour les maladies chroniques par exemple (Del Río Carral et al., 2016), ils pouvaient également être ressentis comme intrusifs au quotidien et se traduire par des abandons, dont les raisons restent par ailleurs très peu étudiées.

Cette problématique sur les usages renvoie à celle de la conception des dispositifs des objets connectés qui aujourd’hui est essentiellement fondée sur des approches comportementales, telles que la captologie, le design persuasif (Fogg, 2002) ou encore celle du « nudge » (principe du coup de pouce) (Thaler et Sunstein, 2009). Celles-ci s’appuient sur les biais cognitifs humains et les ressorts de la psychologie sociale et cognitive pour agir directement sur les comportements des individus. Initialement utilisées pour élaborer des stratégies d’influence dans les domaines de la communication digitale et du marketing. Ces méthodes, qui s’inscrivent dans le développement de l’économie comportementale, sont en train de s’instituer comme nouveau paradigme de l’action publique permettant d’orienter les choix des citoyens (Serra, 2017 ; Bergeron et Dubuisson-Quellier, 2016). Ce « biais comportementaliste » tend à s’imposer dans de nombreux pays (Bergeron, 2018), que ce soit dans le domaine de l’écologie (Bastien, 2012) ou dans celui de la santé (Letho, 2012). Dans le numérique en santé par exemple, ces stratégies peuvent prendre des formes inattendues, par exemple, avec les systèmes de ludification (gamification) que l’on retrouve dans les traceurs d’activité́ de type « Nike+ » ou « Fitbit » (Whiston, 2013), qui sont conçus pour orienter la gestion des pratiques de santé par le jeu et influencer de manière « douce et ludique » l’acceptation de nouveaux comportements. Si ces méthodes de design peuvent être pertinentes dans certains cas, elles comportent le risque que leur caractère prescriptif réduise l’humain à ses comportements cognitifs et transforme le citoyen en simple consommateur (Morozov, 2012), déplaçant de fait la responsabilité collective vers l’individu devenu seul responsable de ses pratiques en santé comme en écologie, au détriment d’un projet collectif plus global au niveau de la société (Del Río Carral et al., 2016). En ce sens, les objets connectés interrogent l’instrumentalisation des comportements individuels comme forme contemporaine de biopouvoir (Lupton, 2016) instituant « un « gouvernement des comportements ».

Les objets connectés soulèvent donc à la fois des enjeux technologiques et sociétaux importants dans la construction de la société numérique de demain, notamment en vue de leur généralisation. Face à ces implications, il est essentiel aujourd’hui d’identifier les opportunités et les limites des objets connectés, de même qu’il apparaît nécessaire de clarifier les fonctions de ces nouveaux objets dans leurs usages, leur conception et leur évaluation.

Cet appel à contribution a pour objectif d’inviter à s’interroger sur les enjeux de société que posent les objets connectés. Ces réflexions développeront des points de vue originaux et critiques sur le développement des technologies connectées et sur leurs implications pour les individus et la société dans des domaines aussi variés que la santé, l’écologie, l’éducation, l’habitat, etc.

Les axes pourront porter sur les thèmes suivants sans forcément s’y limiter :

  • Les enjeux de société (d’ordre politique, économique, juridique, épistémologique, etc.) ;
  • Les usages (études d’usage empiriques sur des cas d’applications, modélisation des usages) ;
  • La conception (design) de dispositifs « objets connectés » (objet-application-plateforme de données) avec des propositions de modèles théoriques de conception, y compris selon les nouvelles méthodes de co-conception entre concepteurs et usagers ;
  • Les méthodes d’évaluation sociologiques sur les usages d’objets connectés.

Une attention particulière sera donnée aux propositions concernant les questions éthiques en lien avec les objets connectés.

Directives aux auteur.e.s

Les contributions doivent être soumises en français. Les textes doivent comprendre entre 40 000 et 50 000 caractères espaces compris et suivre le modèle APA pour la présentation bibliographique, tel que présenté par l’Université de Montréal : http://guides.bib.umontreal.ca/disciplines/20-Citer-selon-les-normes-de-l-APA (voir en particulier les rubriques « Dans le texte » et « En bibliographie »). Les auteur.e.s sont invités à respecter les consignes de la revue concernant la mise en forme du texte (consignes disponibles sur le site de la revue, à la page http://ticetsociete.revues.org/90).

Les manuscrits feront l’objet de deux évaluations selon la procédure d’évaluation à l’aveugle. 

La date limite de soumission des articles (voir consignes aux auteurs http://ticetsociete.revues.org/) est fixée au 20 avril 2020.

Les propositions d’articles doivent être envoyées à l’attention de Béatrice Arruabarrena à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. » target= »_blank »>beatrice.arruabarrena@lecnam.net

Il est également possible de proposer en tout temps des textes hors thème. Ceux-ci sont aussi évalués selon la procédure d’évaluation en double aveugle et publiés dans la rubrique « Varia » ou conservés pour un prochain numéro thématique. Merci, dans ce cas, d’envoyer vos textes à l’adresse suivante : ticetsociete@revues.org

Bibliographie

Arruabarrena, B. (2016). Le Soi augmenté : les pratiques numériques de quantification de soi comme dispositif de médiation pour l’action (Thèse de doctorat). Paris : CNAM.

Bastien, J. M. C. (2012). Réchauffement climatique : les contributions possibles de la psychologie ergonomique et de l’interaction humain-machine à la réduction de la consommation d’énergie. Le travail humain75(3), 329-348.

Bergeron, H., Boubal, C. et Castel, P. (2016). Sciences du comportement et gouvernement des conduites : La diffusion du marketing social dans la lutte contre l’obésité. Dans S. Dubuisson-Quellier (dir.), Gouverner les conduites (p. 157-192). Paris : Presses de Sciences Po.

Bergeron, H., Castel, P. et Dubuisson-Quellier, S. (2018). Le biais comportementaliste. Presses de Sciences Po.

Boullier, D. (2016). Sociologie du numérique. Paris : Armand Colin. 

Cambon, L. (2016). Le nudge en prévention… troisième voie ou sortie de route ? Santé Publique, 28, 43-48. 

Chouk I. et Mani Z. (2016). Les objets connectés peuvent-ils susciter une résistance de la part des consommateurs ? Une étude netnographique. Décisions Marketing, 84, 19-41. 

Del Río Carral, M., et al. (2016). Les objets connectés et applications de santé : étude exploratoire des perceptions, usages (ou non) et contextes d’usage. Pratiques psychologiques23(1), 61-77

Fogg, B. J. (2002). Persuasive technology: using computers to change what we think and do. Ubiquity, 2002(December), 5.

Hoffman D. L. et Novak T. P. (2015). Emergent experience and the connected consumer in the smart home assemblage and the internet of things, Center for the Connected Consumer. 

Hsu C. L. et Lin C. C. (2016). An empirical examination of consumer adoption of Internet of Things services: Network externalities and concern for information privacy perspectives. Computers in Human Behavior, 62, 516-527.

Morozov, E. (2012). The net delusion: The dark side of Internet freedom. Public Affairs. 

Lehto, T. (2012). Designing persuasive health behavior change interventions. In Critical issues for the development of sustainable e-health solutions (pp. 163-181). Springer, Boston, MA.

Lupton, D. (2016). The Quantified Self. Wiley. 

Pharabod, A. S., Nikolski, V. et Granjon, F. (2013). La mise en chiffre de soi. Réseaux, 1, 97-129. 

Serra, D. (2017). Économie Comportementale. Economica.

Simon, P. (2017). Les leçons apprises des principales études sur les objets connectés en télémédecine et santé mobile. European Research in Telemedicine/La Recherche européenne en télémédecine6(2), 67-77.

Simondon, G. (1958) (1989). Du mode d’existence des objets techniques. Aubier Philosophie. 

Swan, M. (2013). The quantified self: Fundamental disruption in big data science and biological discovery. Big data1(2), 85-99.

Swan, M. (2012). Sensor mania! the internet of things, wearable computing, objective metrics, and the quantified self 2.0. Journal of Sensor and Actuator networks1(3), 217-253.

Thaler, R. H. et Sunstein, C. R. (2009). Nudge: Improving decisions about health, wealth, and happiness. Penguin.

Weber R. H. (2010), Internet of Things: new security and privacy challenges. Computer Law & Security Review, 26, 1, 23-30.

Whitson, J. R. (2013). Gaming the quantified self. Surveillance & Society,11(1/2), 163.