Université de Toulon

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Aix-Marseille Université

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Axe 4 de l’IMSIC

Mutations du journalisme et environnements médiatiques : organisations, acteurs et publics

 

Coordinateurs d’axe :

Alexandre JOUX (AMU) et Maud PELISSIER (UTLN)

 

Cet axe est mis en place à l’IMSIC avec un statut d’axe émergent.  Il répond à la volonté et au projet de développer et structurer, en étroite relation avec les ressources humaines, cognitives et l’expérience d’une École de journalisme (EJCAM – AMU), des travaux de recherche qui s’inscrivent dans un paysage national de la recherche en journalisme où les travaux dans le grand sud sont peu nombreux. Cet axe, ouvert vers l’espace euro-méditerranéen, apportera à terme une nouvelle spécificité forte et pertinente à l’IMSIC. Cet axe s’appuie également sur une politique cohérente de recrutements pour l’IRSIC qui a porté ses fruits pendant le précédent contrat avec le recrutement de 3 McF, les collègues recrutés travaillant étroitement avec 2 autres McF dont 1 HDR qui sont en poste à l’EJCAM depuis plusieurs années et actifs dans des réseaux de recherche : CEJER (association des chercheurs en journalisme des écoles reconnues) ; Obsweb (Observatoire du webjournalisme). Les chercheurs ont également pour projet de développer une orientation méditerranéenne, en cohérence avec le positionnement général de l’IMSIC, en particulier à partir de contacts déjà établis avec le Liban (Université Antonine à Beyrouth) grâce à la médiation des chercheurs de Toulon. Ces projets, organisés en axe émergent, prennent sens avec la mise en place de l’IMSIC. Le statut d’axe émergent permettra aux chercheurs concernés d’avancer à leur rythme, celui de la construction d’un axe, avec des concertations étroites favorisées par une logique de proximité dans l’enveloppe institutionnelle de l’EJCAM.

Les pratiques journalistiques sont inséparables des dispositifs organisationnels et sociaux au sein desquels elles s’accomplissent (processus de production, d’organisation, de coordination de l’activité des journalistes). En déplaçant la focale à un niveau plus large, dans le contexte actuel d’hybridation des formats et de convergence des médias, des acteurs de l’Internet et des télécommunications, ces pratiques sont en outre de plus en plus liées à l’évolution des environnements médiatiques et numériques et de l’entreprise de presse (exemple d’AJ+, dispositif d’information sans support en propre ; développement des mooks, etc.). 

En interrogeant les mutations du journalisme avec les outils théoriques des SIC et la mobilisation d’outils issus d’autres sciences humaines et sociales, l’objectif de cet axe émergent est d’étudier un champ d’activité en constante évolution, dans un jeu complexe de relations qui impliquent :

1- les entreprises de presse, avec leurs logiques économiques voire commerciales, et de plus en plus les médias et les acteurs de l’Internet (intermédiaires de services, opérateurs) dans des logiques nouvelles de convergence et de diversification des recettes (amarrage à des domaines non informationnels tels que le divertissement et l’événementiel) ;

2- les acteurs, au sein de l’entreprise (journalistes, managers, propriétaires) et à travers la communication normative sur le journalisme (représentants des salariés et de « la profession », syndicats, médiateurs, comités d’éthique, think tanks, commissions, etc.). S’ajoutent des profils nouveaux de journalistes, dont la pratique s’inscrit sur les marges ou aux frontières des activités considérées comme relevant du cœur de métier, donnant naissance à des reformulations du journalisme dans sa dimension professionnelle, éthique mais aussi épistémologique (data journalism, mobile journalism, market-driven journalism, data analyst, social media manager, journalisme de communication, journalisme citoyen ou participatif, etc.). L’évolution de l’organisation des rédactions est à ce sujet assez révélatrice de l’émergence des nouveaux profils et d’une hybridation des pratiques : dans certaines rédactions, on est passé du bi-média au pluri-média jusqu’à la rédaction convergente (ou 3.0) qui vise à mutualiser plusieurs titres et supports d’un groupe au sein d’une rédaction unique avec la mise en place de pôles d’innovations ou d’expérimentations ;

3- les publics en tant que destinataires de l’information, comprise ici tout à la fois dans sa dimension commerciale (rapport entre ligne éditoriale et demande – lecteurs comme annonceurs) et dans sa dimension sociale et politique. Certains sites comme celui du Guardian en ont fait un axe central de leur développement en misant sur l’open journalism ;

4- les interrelations entre organisations de presse, acteurs et publics d’une part et, d’autre part, les autres environnements : institutions, cultures, normes et conventions diverses.

 

Le pluralisme méthodologique est privilégié dans l’analyse des mutations du journalisme et des environnements médiatiques, en mobilisant, notamment et à la fois, des enquêtes empiriques quantitatives et qualitatives (méthode compréhensive, observation participante ou silencieuse, approches ethnographiques…), des analyses de discours, de contenus (écritures, formats, récits, représentations…) et des monographies économiques. A titre d’exemple, les enquêtes peuvent être mobilisées pour l’analyse des pratiques journalistiques (co-construction de l’information avec les publics – cf. Pignard-Cheynel et Sebbah ; émergence du data journalism – cf. Parasie et Dagiral) ; les analyses de discours pour expliciter le point de vue des acteurs et les différentes théories sur le journalisme (Ruellan, Pelissier, Brin, Le Cam par exemple) ; les monographies pour l’analyse des logiques des entreprises de presse et des environnements médiatiques dans lesquels se déploient les pratiques journalistiques (Sonnac, Le Floch, Rebillard par exemple). Des analyses de contenus portant sur des corpus médiatiques permettent également d’étudier les relations entre discours de presse et enjeux d’opinion et de société (cf. Bassoni – rapport scientifique Movida).

 

Implication dans des contrats 

Movida – projet « Apport de la communication engageante dans le cadre du co-voiturage et de l’autopartage ». IRSIC & Auxilia. Etude : « Les nouvelles mobilités au prisme du journalisme télévisuel » (Marc Bassoni, 2015).

ARS Paca – projet « Information et communication en santé publique », Axe 1 Communication, santé, prévention : les maladies à transmission vectorielle (chikungunya, dengue, zika). IRSIC-IMSIC. Etude : «  Les processus de sélection et de production de l’information médiatique «  (Alexandre Joux, contrat 2017 – 2020).

 

Réseaux scientifiques, contacts internationaux 

– CEJER (Présidence, Stéphane Cabrolié, MCF EJCAM).

– Obsweb (CREM, Université de Lorraine, dir. Arnaud Mercier – Université Paris 2 / IFP et Nathalie Pignard-Cheynel, AJM, Université de Neuchâtel / membre Brigitte Sebbah, EJCAM-IMSIC).

– Université Antonine (Liban : Joseph Moukarzel, Doyen, directeur du centre de recherche sur le journalisme, directeur de journal – accord de partenariat pédagogie et recherche en cours / porteur Alexandre Joux, EJCAM-IMSIC). 

– Echanges inter-laboratoires via le Réseau Transméditerranéen de recherche en communication (RTRC) (membres du bureau pour l’EJCAM : Benoît d’Aiguillon et Alexandre Joux), dont contacts en cours avec l’Université de Thessalonique (Grèce), porteur Félix Weygand, EJCAM-IMSIC.

– Université d’Etat de Rio de Janeiro (UERJ), thèse en co-tutelle (porteur Jean-Baptiste Lesourd, IMSIC).

– Columbia University (New York) – programme de recherche sur la concentration des médias avec Eli Noam (porteur Jean-Baptiste Lesourd).

 

Thèses en cours

Séphanie Lukasik, Al Hassoun Yeha, Kassa Gazard Agnès, De Oliveira Maues Eva (co-tutelle Pr. Moreira, Brésil), Wallez Philippe; Zhou Suyan.